Skip to main content

Le plagiat: Le plagiat sur internet

Définition, enjeux, conséquences, risques, prévention... du plagiat universitaire ; ressources, outils de lutte anti-plagiat

Un phénomène de société

  • Une triple approche et une triple réponse :
    On peut aborder le plagiat sous trois angles : 
    • L’approche « éthique » (littéraire, intellectuelle), selon laquelle le plagiat (qu'il soit littéraire, scientifique, journalistique, universitaire...) sera considéré comme un emprunt illicite (selon la définition originelle, datant de 1697 : "Plagiat : fait d'emprunter illicitement une oeuvre originale") et sera assimilé à une fraude intellectuelle, une tricherie ;
      • le plagiat comme fraude appelle une réponse avant tout administrative, mais aussi médiatique, par la dénonciation publique du plagiaire ;
    • L’approche juridique, selon laquelle le plagiat sera un délit par rapport à la propriété intellectuelle, et sera considéré comme de la contrefaçon ;
      • face au plagiat caractérisé comme délit de contrefaçon, la sanction ne peut être que juridique ;
    • L’approche par l’usage : on peut aussi considérer le plagiat comme un phénomène de société, lié aux pratiques actuelles d’internet et symbolisant un "mésusage", une« négligence », au sens étymologique de ce terme : Neg legere signifiant "ne pas lire". Dans cette perspective, la pratique du plagiat universitaire, surtout dans les premiers cycles, reflète surtout une méconnaissance des règles de citation, une maîtrise insuffisante de la méthodologie du travail universitaire, une paresse intellectuelle.
      • Face à ce plagiat (le plus répandu) considéré comme négligence, mésusage documentaire, la réponse passe avant tout par la sensibilisation, la formation, la pédagogie. 

         
  • Un phénomène ancien :
    Le plagiat ne date pas d'internet : "Dès 1964, une étude américaine (Bowers, 1964) rapporte des comportements malhonnêtes pour au moins un travail écrit chez 65% des étudiants" (d'après : http://r18.uqam.ca/page/mise_contexte.php)
    - voir aussi la longue histoire du plagiat littéraire dans le livre : Maurel-Indart, Hélène. Du Plagiat. Paris : Gallimard, 2011 (Folio Essais) ; voir aussi le site Le plagiat.net



     

 

Quelles conséquences du plagiat ?

Le plagiat bénéficie parfois d'une indulgence tacite, voire d'une mansuétude vis-à-vis des plagiaires, qui peuvent se croire alors autorisés à continuer à plagier impunément. Heureusement, une prise de conscience commence à se développer dans l'enseignement supérieur, dont témoignent la multiplication des chartes anti-plagiat, des outils de détection, mais aussi des articles, des travaux de recherche, etc.

Pourquoi le plagiat universitaire est-il particulièrement grave ? En bref, parce qu'il touche à deux fondements essentiels de l'enseignement supérieur : 

  • il constitue une atteinte à l'un des principes fondamentaux de tout travail universitaire et scientifique, qui doit être fondé sur la réalisation d'un travail original, dans le respect et la citation des sources utilisées ;
  • il sape la confiance entre enseignants et étudiants, au fondement de la relation pédagogique.

Par ailleurs, le plagiat pénalise les étudiants honnêtes, peut jeter l'opprobre sur une filière, un département, une université, il peut accentuer la méfiance des citoyens devant les travaux scientifiques...

Sur la gravité du plagiat dans la recherche scientifique, voir : Détruy, Myriam, Institut Curie. L’intégrité scientifique, enjeu de la recherche. Dossier
La Recherche, l’actualité des sciences [En ligne]. juin 2012. 5 p.

Le fléau du plagiat à l'université

  • Un phénomène international et massif :
    Pourcentages d’étudiants déclarant recourir au copier-coller, sans citer les sources :
    • au Québec : 53 % dans le 1er cycle, en 2006
    • aux Etats-Unis : 70 % dans le 1er cycle, en 2005

  • En France :
    • en 2007, 79,7 % des  étudiants, de tous niveaux, déclaraient avoir eu recours à du copié-collé abusif (selon Compilatio.net 2007) ; et en 2012, "1 étudiant sur 3 considère que + de 10% de ses devoirs contiennent au moins 1 passage copié‐collé à l’identique sur Internet.", selon la dernière enquête de Compilatio.net. Mais il est difficile de conclure à une baisse du phénomène.
    • "7% des élèves déclarent avoir acheté un devoir sur Internet au moins une fois, dont 2% ont acheté des devoirs plusieurs fois au cours de leur scolarité." (Compilatio.net, 2012)

  • Le plagiat comme manifestation d'un phénomène plus vaste : la triche universitaire  
    • Deux chercheuses portugaises, Aurora Teixeira et Maria Rocha, ont publié en 2010 une vaste enquête sur le phénomène de la triche à l'université dans plusieurs pays (Teixeira, A., & Rocha, M. (2010). Cheating by economics and business undergraduate students: an exploratory international assessment. Higher Education, 59(6), 663-701.). Pour les deux chercheuses, la triche est définie ainsi : “il s’agit d’actes qui recouvrent des domaines définis comme illégaux, non éthiques, immoraux ou qui vont à l’encontre des règlements en vigueur dans les cours ou les universités“. Leur étude, centrée sur des étudiants en commerce et en administration de plusieurs pays, montre à la fois l'ampleur du phénomène et ses variations culturelles très fortes : si le pourcentage d'étudiants ayant admis avoir triché à un moment ou à un autre de leurs études monte à 96 % dans certains pays d'Europe de l'Est (Roumanie, Pologne), il atteint 83 % en France, 79 % en Turquie, 71 % en Autriche, 65 % au Portugal, 63 % en Italie, pour descendre à 20 % en Nouvelle-Zélande, 14 % en Grande-Bretagne et 4 % dans les pays scandinaves... 
      • Pour une analyse complète de cette étude, voir : Daele, Amaury. « La triche ». In : Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur [En ligne]. 2010.

Ampleur de la fraude scientifique

Le plagiat est l'un des signes (parmi les plus graves) d'un phénomène plus large : la fraude scientifique, qui se développe malheureusement dans la recherche et dans l'édition scientifique. De multiples raisons expliquent le phénomène : pression du "publish ou perish", exacerbation de la concurrence scientifique, différences culturelles, affaiblissement de l'éthique scientifique...
Quelques indicateurs de l'ampleur du plagiat et de la fraude scientifique :

  • En Médecine, 3 % d’articles seraient du plagiat, sur une base de 17 millions (selon une étude de Nature, 2008 : voir article Un logiciel contre le plagiat scientifique) ;
  • Selon une étude de 2005 de Nature, "sur près de 8000 chercheurs du secteur biomédical questionnés sous le sceau de l'anonymat, pas moins de 33 % de ceux qui ont répondu ont confessé un comportement coupable au cours des trois dernières années" (d'après Le Monde, 7 février 2008)

Pour en savoir plus sur la fraude scientifique et le plagiat dans la recherche, voir les actes du Colloque "Le plagiat dans la recherche" des 20-21 octobre 2011.